2007/09/08-procrastination...
salut ami lecpot,
en me baladant sur le blog d'une voxienne -dont j'ai oublié depuis le pseudo (désolé mademoiselle!)- qui répondait à un test qui apparemment a tourné sur vox ces derniers temps, je suis tombé sur un mot étrange : procrastination...
procrastination? quésako? étant curieux de nature, ni une ni deux, je fonce sur wikipédia...
pour ta culture donc ami lecpot... l'auteur de l'article nous dit:
"La procrastination est un terme relatif à la psychologie qui désigne la tendance pathologique à remettre systématiquement au lendemain quelques actions, qu’elles soient limitées à un domaine précis de la vie quotidienne ou non. Le «retardataire chronique », appelé procrastinateur, n’arrive pas à se « mettre au travail », surtout lorsque ça ne lui procure pas de gratification immédiate."
alors là, je me dis : "tiens, c'est marrant ça... je savais pas qu'il y avait un terme psychologique pour ça, moi qui croyait que c'était juste une sale habitude..." :(
je pousse un peu plus loin... et je me rends compte au fil de me lecture que l'auteur est en train de faire un portrait qui me ressemble.
"Cette tendance apparaît souvent au fil des études (cela peut débuter dès l’école primaire) et affecte en particulier des étudiants doués, habitués à réussir les épreuves avec aisance et à être reconnus pour leur talent. Devant soutenir un effort inhabituel face à une difficulté, ils perdent confiance en eux et ressentent une angoisse.
La majorité des personnes affectées par la procrastination l’est en général aussi par le « perfectionnisme », c’est-à-dire la tendance d’une personne à estimer inacceptable un travail qui ne s'approche pas de la perfection. Comme il est rare de pouvoir atteindre la perfection autrement que par essais et erreurs et que la personne n’accepte pas l’idée de faire une erreur, elle contourne le problème en ne faisant rien : par exemple la nécessité d’un rangement ou d’un classement est sempiternellement différée parce qu’on n’a pas le temps de faire quelque chose de parfait, et on ne fait donc rien du tout.
Cependant, être un « retardataire » ne signifie pas ne rien faire. Au contraire, le sujet peut être pris d’une véritable frénésie d’activités (aller faire les courses, entamer un grand ménage de printemps, repeindre les volets, prendre des nouvelles de la grand-mère, faire de la maintenance informatique, etc.), tant que celles-ci ne possèdent aucun rapport avec LA tâche problématique (faire un rapport)."
gasp! j'ai justement à faire un rapport (en fait même deux!) pour fin septembre et j'arrives pas à m'y mettre... j'arrives pas à trouver le bon ton, d'ailleurs avant de m'y mettre je dois faire le tri dans mon disque dur, il est presque plein... c'est sûrement une coïncidence.
"La procrastination peut se développer à différents niveaux, du bénin au malin. Si elle se concentre sur des choses sans conséquence (faire la vaisselle, remplir sa déclaration de revenus, etc.), le sentiment de protection qu’elle apporte peut valoir au « retardataire » tous les tracas qui s’ensuivent. Dans les cas les plus sévères, le procrastinateur peut être amené à avoir des problèmes juridiques, à divorcer, à perdre son emploi voire à se suicider."
c'est flippant mais je suis sûr que dans mon cas, ce n'est pas pathologique... enfin j'espère.
Les étapes qui mènent au report s'auto-entretiennent.
1. Vous souhaitez faire quelque chose.
2. Vous décidez de le faire.
3. Vous reportez sans vraie bonne raison.
4. Vous constatez les désavantages de ce report.
5. Vous continuez cependant à reporter.
6. Soit vous vous en voulez, soit vous trouvez une excuse rationnelle, soit vous évacuez ce problème.
7. Vous continuez à reporter.
8. Vous réussissez à faire votre tâche juste à temps, avec un maximum de stress, ou bien vous terminez trop tard, ou bien vous ne le faites jamais.
9. Vous vous sentez coupable d'avoir ce comportement.
10. Vous jurez qu'on ne vous y reprendra plus.
11. Peu de temps après, vous recommencez."
aïe, là plus de doute possible, je suis atteint... et on fait comment pour s'en sortir?
"[...] les personnes adultes sujettes à un déficit de l'attention (trouble de déficit de l'attention et/ou hyperactivité) présentent [...] très souvent une attitude de procrastination systématique, qui ne correspond pas spécialement à une phase dépressive.
Tout le monde ne procrastine pas de la même façon et une même personne non plus selon les circonstances, mais en règle générale, on procrastine :
Pour échapper à la frustration (car la tâche qu'on reporte est moins agréable que ce qu'on fait à la place, et la sanction paraît trop lointaine par rapport au plaisir immédiat qu'on tire à faire autre chose) la solution est donc d'augmenter les conséquences positives à court terme de l'action reportée, et de se protéger des distractions.
Pour protéger son estime de soi : chez les procrastinateurs, l'échec est souvent perçu comme une remise en question globale de leur valeur. Alors, moins ils ont de chance de réussir, plus ils procrastinent. De plus, comme ils ont une tendance à être plus perfectionnistes que la moyenne, les chances de ne pas être à la hauteur de leurs exigences sont fortes. Du coup, souvent, la procrastination crée un handicap (on n'a pas assez travaillé pour son examen, par exemple) qui fournit des excuses au cas où les performances ne seraient pas à la hauteur de ce qui était attendu. En gros, on peut toujours se dire que si on avait travaillé plus, on aurait réussi, alors que c'est peut-être faux, mais on ne le saura pas, et on protège son estime de soi. Malheureusement, à long terme, l'estime de soi est quand même abîmée, puisque les choses ne sont jamais faites complètement.
Pour résister aux autres : comportement passif-agressif. On dit « oui » aux demandes d'autrui, mais on ne le fait pas.
[...]
Parce qu'on a des croyances irrationnelles, par exemple, on pense qu'on sera plus motivé pour faire un travail pénible plus tard, ce qui est toujours faux, ou on pense qu'il faut que ce soit parfait."
l'auteur décrit ensuite six formes de peur liées à ce comportement, voici celles que j'ai pu identifier...
"Peur de l’échec
Le sujet préfère retarder le travail au maximum jusqu’à estimer qu’il est trop tard pour le faire. Il dispose alors d'un prétexte à l'échec. On retrouve ici par exemple l'une des raisons qui caractérisent le syndrome de l'étudiant.
Cette attitude semble liée à une éducation exigeante, fondée sur une culture du résultat. Le sujet prend l’habitude de ne plus pouvoir engager une action sans penser à l’évaluation qui la suivra et cherche alors à éviter les conséquences fâcheuses. La procrastination peut se trouver chez des sujets très doués dans leur domaine et — paradoxalement — manquant de confiance en eux en profondeur.
Exemple : un étudiant qui stresse à l’idée de rendre un mémoire inintéressant.
[...]
Peur de ne pas contrôler son environnement
Le sujet veut avoir le sentiment qu’il domine la situation. Cela peut venir d’un souhait de revanche, d’autonomie : des individus poussés à la performance dans des domaines ne relevant pas de leur ambition propre peuvent choisir la procrastination pour affirmer leur indépendance. Une personne voulant aussi se mesurer à son environnement par goût du risque peut aussi devenir une « retardataire ».
Exemple : un employé qui lutte contre sa hiérarchie à la limite du renvoi ou encore un vendeur au téléphone qui le laisse sonner."
2/6... je suis pas dans la merde!
enfin pour finir, une citation de Marcel Jouhandeau qui me touche directement : « C'est parce qu'on imagine simultanément tous les pas qu'on devra faire qu'on se décourage, alors qu'il s'agit de les aligner un à un. »
je sais pas comment je vais m'en sortir -pour mes rapports dans l'immédiat, pour le reste ensuite- ; je vais déjà essayer d'arrêter d'écrire pendant un moment des articles sur mon blog, me débrancher internet et m'y mettre sérieusement... si toi aussi, ami lecpot, tu te sens concerné par cet article et que tu as trouvé des solutions ou que tu as des conseils à me donner, n'hésites pas, j'en ai vraiment besoin!
à bientôt...
ps : (pour consulter l'article au complet http://fr.wikipedia.org/wiki/Procrastination)
Comments